Les sciences de gestion ont pour objet l’étude de l’action conduite de façon collective par des groupes humains organisés. Elles s’appliquent aux aux organisations dans toute leur diversité, qu’elles soient issues du secteur marchand ou non marchand (entreprise, association, organisation publique). En analysant les ressources internes (humaines, financières, technologiques) et l’environnement (sociétal, économique, politique etc), elles apportent au management des connaissances sur les dimensions humaines et technologiques des organisations et constituent, par la diversité de son champs d’étude, une aide à la décision.

Les sciences de gestion sont donc structurée par l’étude interdisciplinaire de la résolution de problèmes et de la prise de décision dans les organisations humaines. Elles intègrent le marketing, la stratégie, la finance, les ressources humaines et l’analyse organisationnelle, les systèmes d’informations et l’analyse de données.Elles s’inspirent aussi d’autres disciplines comme la sociologie, la psychologie afin d’appréhender le fonctionnement et les aspirations des acteurs au sein d’une action collective.

Les organisations, dont les sciences de gestion sont l’étude, sont diverses. On peut les distinguer par leur régime juridique ou leur finalité. L’initiative d’un groupe peut appartenir à des personnes privées, et c’est alors une organisation dite de droit privée, comme à L’État, et on parlera alors d’organisations publiques. Le régime juridique impacte la gouvernance et le fonctionnement des organisations, il est donc incontournable.

De même, les frontières entre acteurs privés et publics s’estompent. L’Etat n’a pas le monopole de l’intérêt général, de même les entreprises n’ont pas le monopole de la production de biens et de services marchands. On retiendra donc une autre distinction, celle de la finalité des organisations.

1/ Les organisations de droit privé

A/ L’entreprise

L’entreprise de droit privé se définit par une fonction économique de production de bien et de services marchands, qui induit un but lucratif, à savoir la recherche d’un gain, d’un bénéfice. La finalité principale d’une entreprise est de réaliser du profit. De manière traditionnelle, les entreprises produisent des biens et des services marchands. (Un bien est un produit tangible que l’on peut stocker, un service est un produit intangible et non stockable.) Par marchand, on entend que l’entreprise vend les biens à un prix supérieur à leurs coûts.

En effet il s’agit de biens économiques : ils nécessitent un travail humain pour être produits, il faut payer pour se les procurer et ils sont disponibles en quantités limitées (il s’agit de tous les produits et services fabriqués et vendus).

B/ Les associations

L’association est une mise en commun de moyens dans un but autre que le partage des bénéfices. La loi de 1901 dispose ainsi qu’une association peut être créée quel que soit son objet social tant que ce dernier n’est pas illicite. Par conséquent, il existe de nombreuses associations dans des domaines très variés.

La forme associative autorise, pour faciliter la réalisation de ce but d’intérêt général, l’organisation à percevoir des dons et legs de tiers, avec une incitation fiscale pour les associations reconnues d’utilité publique. De même, des personnes peuvent travailler au sein d’une association de manière bénévole, c’est à dire non rémunérée, dans certaines limites (absence de lien de subordination juridique, que vous découvrirez en terminale).

On assimile souvent une association à une activité non marchande, mais  une association peut exercer une activité marchande à la condition de ne pas partager les bénéfices réalisés entre ses membres, mais pour financer de nouvelles actions dans le cadre de son objet social. Une association poursuit un but non lucratif, contrairement aux entreprises, et produit en premier lieu des services et des biens non marchands.

2/ Les organisations de droit public

A/ L’Etat

L’Etat  est une forme que la société adopte pour s’organiser et se gérer, en lui attribuant l’ensemble des pouvoirs d’autorité et de contrainte collective que la nation possède sur les citoyens et les individus en vue de faire prévaloir ce qu’on appelle l’intérêt général.

L’Etat produit des biens et des services non marchands, tels que le système éducatif public, les hôpitaux… qui permet ainsi aux individus d’accéder à une formation gratuitement ou en échange du paiement d’un droit d’inscription très inférieur aux frais de fonctionnement des établissements scolaires.

Plusieurs administrations peuvent intervenir dans la production de ces services publics non marchands :

  • les administrations publiques centrales (le ministère de la Justice, par exemple) ;
  • les administrations publiques locales (régions, communes…) ;
  • les administrations de Sécurité sociale.

Les services publics sont organisés autour de trois principes à valeur constitutionnelle

l’égalité

Tout individu a droit à l’accès aux services publics. Pour assurer cette égalité, l’accès est non marchand, et l’Etat doit assurer la présence de ces services sur l’ensemble du territoire.

la continuité

Le service public répond à un besoin d’intérêt général sans interruption. Ce principe permet ainsi d’interdire le droit de grève à certains agents comme les infirmiers, les policiers…

l’adaptabilité

Le service public doit s’adapter aux évolutions de la société, des techniques et des besoins des usagers.

B/ Les entreprises publiques

Les entreprises publiques sont des entreprises dont l’Etat est actionnaire principal. Comme toute entreprise, elle produit des biens et des services marchands et sa vocation est lucrative. Cependant, la présence de l’Etat détermine un mode de gouvernance particulier.

Secteur public et service public ne se confondent pas. En effet, les activités de service public peuvent être prises en charge par des organismes privés. Le « périmètre » du service public est donc plus large que celui du secteur public.

2/ La distinction des organisations par leurs finalités

Les organisations publiques et les organisations de la société civile partagent un but commun, l’intérêt général, ce qui les différencie des entreprises dont le but est lucratif.L’entreprise peut avoir d’autres finalités que la réalisation de profits, même si cette préoccupation reste majeure. Les entreprises s’engagent  alors dans une responsabilité sociale. La RSE n’est pas en contradiction avec la finalité de profit de l’entreprise. Au contraire, malgré les investissements engagés, l’entreprise peut y trouver une nouvelle source de bénéfices par une meilleure compétitivité. Elle peut y être contrainte par les consommateurs, qui la menacent d’un boycott ou devant le risque de voir son image de marque durablement dégradée.

En interne, cette mission s’applique à améliorer la qualité des relations au sein de l’entreprise par des actions de promotion et de participation des salariés, le développement de leurs compétences, le respect de normes de santé et de sécurité,  l’égalité des sexes, l’intégration et la protection des jeunes, des personnes souffrant d’un handicap…

Mais l’entreprise peut avoir pour mission de prendre en compte les externalités négatives générées par son activité (destruction de ressources, pollution etc). Elle peut ainsi opter pour une stratégie prenant en compte l’utilisation des matières premières plus naturelles (Nutella avec de l’huile de palme responsable), traitement des déchets (Nespresso qui recycle les capsules usagées), la réduction des dépenses énergétiques, etc.

3/ Le mode de gouvernement des organisations

A/ Définition du concept

« La gouvernance de l’organisation est le système par lequel une organisation prend des décisions et les applique en vue d’atteindre ses objectifs. La gouvernance de l’organisation peut comprendre à la fois des mécanismes formels de gouvernance, reposant sur des processus et des structures définis, et des mécanismes informels, émergeant en fonction des valeurs et de la culture de l’organisation, souvent sous l’influence des personnes qui dirigent l’organisation. […] Ces systèmes sont dirigés par une personne ou par un groupe de personnes (propriétaires, membres, mandataires sociaux ou autres) détenant le pouvoir et ayant la responsabilité d’atteindre les objectifs de l’organisation. »

La gouvernance est donc basée sur le pilotage d’une organisation, à travers la mise en oeuvre d’une organisation de l’action collective, définie par des objectifs permettant de réaliser la finalité de l’organisation par l’exploitation des ressources de l’organisation. Le gouvernement de l’entreprise implique un mode de désignation d’un dirigeant, qui est lié par ses parties prenantes.

B/ L’entreprise

L’influence de l’âge et de la taille de l’entreprise sur sa gouvernance

Le dirigeant est celui qui est à la tête de l’entreprise. Son appellation varie selon les statuts de l’entreprise (gérant, président, directeur général, PDG…). Il élabore la stratégie de l’entreprise, organise et coordonne la production de biens et de services et les différents services de l’entreprise, et optimise le fonctionnement des différentes fonctions de l’entreprise.

Le gouvernement d’une entreprise est largement déterminé par sa taille. Dans les petites entreprises, l’enjeu est la répartition du travail, quand des structures plus grandes et complexes l’enjeu réside dans la coordination et la communication entre les différentes fonctions de l’entreprise.

Ci-dessous, un panorama des entreprises par taille, mais aussi par nombre d’emplois.

En France, 96% des entreprises sont des micro entreprises, sans effectif, et majoritairement unipersonnelle (pour simplifier). Le dirigeant est aussi sa force de travail. Son pouvoir est total, sa délégation est nulle. Il s’est auto-désigné.

Plus l’entreprise se développe, plus ses besoins de financement augmentent. L’entrepreneur individuel passe alors en société. Les apporteurs de capitaux, en assemblée générale, vont alors désigner le dirigeant.

Dans la plupart des formes de sociétés, le plus grand apporteur de capital détient le plus de voix. Le principe en effet n’est pas un homme une voix, mais autant de voix que l’associé en détient. Ainsi dans une entreprise où un associé est majoritaire (plus de 50% des parts sociales), il va être certain d’obtenir le pouvoir de direction de l’entreprise, car sa responsabilité ne pourra être mise en jeu. Ce fonctionnement permet au dirigeant de s’appuyer sur une minorité d’apporteur de capitaux, si leurs voix suffisent à emporter la majorité.

Dans l’hypothèse d’une société où le gérant est minoritaire, il va être désigné par ses associés ou ses actionnaires (l’équivalent d’associé dans une société de capitaux type SA). Il peut alors être révoqué si ses décisions de gérant ne sont pas satisfaisantes, il devra prendre en compte les intérêts des actionnaires pour conserver son poste de dirigeant car il est responsable de sa gestion. Les intérêts des salariés, nombreux, peuvent alors être contradictoires avec les intérêts des actionnaires (cf le partage de la valeur ajoutée).

Dans les grandes entreprises et certaines entreprise de taille intermédiaire, le gérant n’est pas associé de l’entreprise. Les actionnaires vont tenter alors de partager un intérêt commun, en faisant varier sa rémunération en fonction de la valeur de l’entreprise par l’octroi d’actions gratuites ou à prix préférentiel (stock option).

En société, les actions du dirigeant sont contrôlées par l’assemblée générale. Les actionnaires disposent d’un droit d’information sur la gestion menée par le dirigeant et d’un droit de vote qui lie le dirigeant.

Ce droit de vote portent sur la révocation d’administrateurs, la rémunération du dirigeant, mais aussi de plus en plus sur la gestion. Cette confusion entre contrôle et ingérence dans la gestion de l’entreprise fait peser le risque de ne privilégier que les actionnaires quand le dirigeant doit aussi être attentif au devenir des salariés, des collectivités locales, des clients et de l’environnement.

C/ L’Etat

Les dirigeants ici ne sont pas élus, mais nommés par le pouvoir exécutif. Le dirigeant aura alors pour mission d’appliquer la politique définie par le gouvernement.

La gestion des ressources humaines diffèrent selon le type de fonction publique (Etat, collectivité locale, fonction publique hospitalière), mais aussi par rapport à une entreprise. Les agents de la fonction publique sont recrutés sur concours et bénéficient du statut de la fonction publique. Les procédures de recrutement sont plus longues, il n’y a pas de possibilité de licenciement, mais les agents sont soumis à des obligations dérogatoires au droit du travail auquel sont soumis les salariés (devoir de réserve, interdiction du droit de grève pour certains, les rémunérations sont fixées par décret etc…). Les ressources sont également déterminées par le vote de la loi de finance.

D/ Les associations

L’association est dirigée par un président, obligatoirement bénévole, et élu par ses membres lors d’une assemblée générale sur le principe d’un homme une voix. Les voix ne sont pas réparties en fonction des apports des bénévoles de l’association. Elle présente ainsi un caractère démocratique. Le dirigeant ne peut se contenter de l’approbation d’une minorité de bénévole pour valider ses actions, mais de leurs majorité.

4/ La structure de propriété

A/ Concept

La structure de propriété désigne le mode de répartition de la propriété du patrimoine d’une organisation.

La nature des propriétaires de l’organisation (Etat, salariés, investisseurs instituionnels ou individuels, structure familiale…), influence la gestion de l’organisation.

B/ L’entreprise

L’entreprise est propriétaire de ses ressources, mais l’entreprise est également la propriété indivises de ses associés/actionnaires. Ainsi, si l’entreprise a un patrimoine net d’un million d’euros, un actionnaire à 10%, possède 10% de la valeur de l’entreprise.

Lorsque le capital de l’entreprise est majoritairement détenu par les membres d’une même famille, les décisions de gestion sont de manière générale orientées vers le long terme et favorise une stabilité de l’entreprise. Leur développement est parfois plus lent mais présente une grande pérennité.

Les grandes entreprises sont souvent détenues par des investisseurs institutionnels (fonds de retraites, compganies d’assurances…) mais aussi par des fonds d’investissements (hedge funds). Blackrock inc. est le principal actionnaire de Total avec 6,5%. Une partie du capital peut être aussi détenue par une entreprise partenaire, comme le cas de Renault avec Nissan.

Les entreprises publiques sont détenues majoritairement par l’Etat. Cela influence également la gestion de l’entreprise, sur des choix de gestion comme l’implantation d’une usine, pour des considérations politiques de développement territorial et de croissance économique, ce qui est reproché à certaines entreprises chinoises, excessivement soutenues par l’Etat chinois.

C/ L’Etat

Les services publics sont en principe la propriété de l’Etat, dont le patrimoine non financiers est estimé à 2 028 milliards d’euros et 1 300 milliards pour les actifs financiers. Dans le cadre de délégation de service public, la mission est confiée à une entreprise privée, qui est chargée de réaliser des investissements qui appartiendront à l’Etat au terme du contrat. De même, pour les partenariats publics privés, où le bien appartient à l’entreprise privée qui en loue l’usage à l’Etat sur une durée définie contractuellement et qui en récupère la propriété au terme du contrat.

D/ Les associations

Les associations, déclarées, ont la personnalité morale et sont propriétaires de leur patrimoine. Ce patrimoine n’appartient pas à ses membres. En cas de dissolution d’une association, les membres de l’association ne peuvent pas procéder à la répartition de ces biens entre eux sous peine de voir cette opération qualifiée, d’un point de vue juridique, de partage des bénéfices (qui est contraire à l’objet de l’association). Pour éviter cette qualification les biens restants sont en pratique transmis sous forme de dons à des fondations ou des associations ayant un objet similaire et ce conformément aux dispositions prévues au sein des statuts ou à la décision de l’assemblée générale des membres.

5/ Une action collective organisée

A/ L’action collective

L’action collective est l’ensemble des actions convergentes menées par une pluralité d’agents sociaux en vue d’atteindre un certain objectif.

Le groupe se définit comme l’association de plusieurs personnes qui collaborent de façon régulière ou temporaire pour atteindre des objectifs communs.

Une action collective est donc l’ensemble des opérations réalisées par des agents/individus au sein d’un groupe. Un groupe se distingue ainsi d’une foule par l’existence d’un objectif commun à ses membres et de leurs interactions pour y parvenir.. L’objectif ici exprime le but déterminé d’une action qu’un groupe souhaite atteindre. La définition et la mesure de l’atteinte de l’objectif au moyen d’indicateurs garantiront le bon déroulement de l’action à conduire.

B/ La coordination des agents par fonction

Chaque individu composant un groupe possède des qualités et des compétences qui lui sont propres. La spécialisation des agents favorise donc la réalisation des objectifs de l’organisation. Cependant plus la taille de l’organisation est importante, plus la gestion se complexifie et plus le besoin de coordination se fait pressant pour être efficace. L’organisation va se structurer ainsi par fonction : les nombreuses tâches réalisées par l’entreprise peuvent faire l’objet d’un regroupement selon leur objectif.

C/L’articulation des fonctions par la circulation de l’information

Pour fonctionner efficacement, les entreprises doivent organiser la communication entre les différentes fonctions. En effet, l’information est au cœur de la prise de décision de tout salarié car chacun d’eux doit pouvoir disposer au moment voulu de l’information qui lui permettra d’effectuer les tâches qui lui incombent. Les entreprises doivent mettre en place un système d’information (SI), c’est-à-dire un ensemble organisé de ressources (matériels, logiciels, personnel, données et procédures) qui permet de regrouper, de classifier, de traiter et de diffuser de l’information en fonction des besoins des utilisateurs et sur différents canaux.

D/L’apport du management

Cette coordination est effectuée grâce au management, qui est l’ensemble des techniques d’organisation et de gestion d’une organisation. Le management a cependant un domaine d’intervention bien plus large qu’une simple planification de la production d’un bien ou d’un service. Le management est d’abord le gouvernement des organisations. Il consiste à gérer une production collective en tenant compte d’une multitude de contraintes (financières, humaines, juridiques, environnementale etc.) Il s’exerce au quotidien, par la prise de décisions de gestion courante, mais il intègre également une dimension stratégique qui peut se révéler cruciale pour l’organisation.