L’information est indispensable aux activités de gestion. Non seulement les individus utilisent des informations pour travailler, mais leur activité elle-même produit de l’information.

1/ Données et informations

L’information », suivant son degré d’élaboration, peut prendre différentes formes.

Les données

Élaborées à partir de l’observation de faits, les données sont des informations « brutes », sans utilité immédiate. Elles peuvent être enregistrées dans un ordinateur, stockées. Faciles à manipuler, elles pourront faire l’objet de traitements (servir, par exemple, à des calculs).

L’information

Pour être utilisables, les données doivent faire l’objet d’un traitement qui les rende lisibles. Elles peuvent prendre une forme chiffrée (pourcentages, moyennes, statistiques…) ou imagée (schéma, graphique…). Quand elles sont organisées et interprétées dans un contexte donné, les données se transforment en informations. L’information a plus de « valeur » que les données parce qu’elle est le résultat d’un traitement.

La connaissance

La connaissance est l’utilisation « intelligente » qui est faite de l’information. La valeur des connaissances est élevée, car, grâce à elles, l’homme a de nouvelles idées, de nouvelles intuitions et de nouvelles interprétations. Dans la pratique, il est difficile de déterminer exactement à quel moment les données deviennent information et à quel moment l’information devient connaissanc

2/ Les caractéristiques de l’information

L’origine de l’information

L’origine de l’information

L’information interne

Les informations internes sont issues de l’entreprise elle-même. Par exemple il peut s’agir de statistiques de vente par produit, par zone géographique, par client… ; des indicateurs de performance (turnover, productivité), de données comptables ou encore, de données primaires (enquête de consommation, étude de marché réalisée par l’entreprise etc)

Elle est directement exploitable et d’un coût relativement peu élevé. Son usage peut être strictement interne et/ou externe. 

L’information externe

Elle provient des partenaires extérieurs et de l’environnement de l’entreprise. Elle peut être issue d’une veille informationnelle qui consiste à collecter de manière automatisée un ensemble d’éléments d’informations sur des sujets déterminés. 

Cette veille peut être sociale, fiscale, juridique ou financière, ou encore commerciale. La veille commerciale consiste à rechercher des informations sur les clients ( leurs besoins, leurs goûts, leurs attentes), ou encore les produits (les nouveautés, les évolutions technologiques), les concurrents (leurs points forts et leurs points faibles, les choix stratégiques), les distributeurs et autres intermédiaires. La veille commerciale s’appuie sur des sources d’information spécialisées (revues professionnelles, sites Internet, flux RSS, etc.) et/ou sur des enquêtes (questionnaires, boîtes à idées, entretiens informels, etc.).

Le statut de l’information

La diffusion de l’information vise à la mettre à disposition de tous, dans un but de transparence. Dans la plupart des cas, la diffusion de l’information est une condition nécessaire au fonctionnement de l’entreprise (par exemple, il faut connaître l’état du stock avant d’accepter une commande). Cependant, l’information peut ne pas être diffusable pour diverses raisons :

  • techniques : matériellement, il n’est pas possible de l’amener vers tous les utilisateurs ;
  • juridiques : il est parfois interdit de donner une information (atteinte à la vie privée des salariés ou des clients, délit d’initié…) ;
  • économiques : les connaissances de l’entreprise doivent parfois rester dans l’entreprise pour garder leur valeur ou sauvegarder l’image de l’entreprise. Parfois, la diffusion de l’information est obligatoire. Ainsi, dans le cas du rappel d’un produit défectueux, tous les utilisateurs doivent être avertis du danger présenté par ce produit.

La valeur de l’information

La valeur de l’information repose sur ses qualités :

  • la fiabilité : l’information doit être digne de confiance, c’est-à-dire être une représentation proche de la réalité, exacte ;
  • la pertinence : une information s’apprécie par rapport à une situation et non dans l’absolu. Elle sera pertinente si elle s’adapte parfaitement aux besoins des utilisateurs ;
  • l’actualité : la validité de l’information dépend souvent de son actualisation, elle doit être récente ;
  • la précision : la meilleure information est celle qui réduit le plus l’incertitude de ceux qui l’utilisent dans l’organisation ;
  • la rentabilité : les coûts de recherche et de traitement de l’information doivent être inférieurs à la valeur ajoutée par cette information ;
  • la disponibilité : pour utiliser l’information de façon pertinente, il faut qu’elle soit facilement accessible aux utilisateurs. Toutefois, on aura parfois intérêt à ne pas partager l’information ou à ne pas dévoiler ses sources d’information (pour se protéger des concurrents, par exemple). D’autres fois, certaines informations ne sont pas diffusables (elles peuvent porter atteinte à l’image de l’entreprise, ou sont simplement protégées par des brevets).

3/ La convergence big data et intelligence artificielle

A/ Le big data

Les big data ou mégadonnées désignent l’ensemble des données numériques produites par l’utilisation des nouvelles technologies à des fins personnelles ou professionnelles. 

ces données sont brutes, semi-structurées, voire non structurées. Elles peuvent être publiques (open data, Web des données), géo-démographiques par îlot (adresses IP), ou relever de la propriété des consommateurs et des entreprises. Le big data recoupe les données d’entreprise (courriels, documents, bases de données, historiques de processeurs métiers…) aussi bien que des données issues de capteurs, des contenus publiés sur le web (images, vidéos, sons, textes), des transactions de commerce électronique, des échanges sur les réseaux sociaux, des données transmises par les objets connectés (étiquettes électroniques, compteurs intelligents, smartphones…), des données géolocalisées, etc.

L’essor des big data a suivi l’évolution des systèmes de stockage et de traitement des données avec notamment l’avènement du cloud computing et des supercalculateurs. Le big data s’accompagne du développement d’applications (big analytics) à visée analytique, qui traitent les données pour en tirer du sens. 

Appliquée aux entreprises, les data permettent ainsi de calculer les taux d’utilisation d’une application, mesurer le temps passé sur une page, son taux de conversion…  Mais si les entreprises françaises ont compris l’importance de collecter et d’analyser leurs données, peu savent réellement la traiter et l’utiliser.

B/Intelligence artificielle et big data

L’intelligence artificielle ou IA est une discipline scientifique et technologique visant à l’exécution par des machines (ordinateurs et programmes informatiques) de processus cognitifs jusque-là réservés aux capacités du cerveau humain, dans les domaines de :

  • la compréhension,
  • la communication (dialogue entre machines et avec l’humain),
  • la structuration de la mémoire,
  • le raisonnement critique,
  • l’adaptation,
  • l’apprentissage en autonomie (Deep Learning)…

La convergence d’une intelligence, à savoir la capacité d’une machine à collecter, analyser des données et les traiter pour la transformer en information avec les data est devenu un enjeu majeur pour les entreprises mais aussi les Etats. Pour les entreprises, l’enjeu est ici d’optimiser leur expérience client, leur efficacité opérationnelle, ou leur cybersécurité. Preuve de l’intérêt des organisations pour les data et l’intelligence artificielle, l’émergence de nouveaux emplois très spécialisés, tels que Chief Analytics Officer, Data Scientist, ou encore Data Protection Officer.

C/ L’IA et les données

L’exploitation des big data a ouvert de nouvelles perspectives dans de nombreux domaines : la recherche scientifique, la politique, la communication, la médecine, la météorologie, l’écologie, la finance, le commerce, etc. 

Ainsi, La société Eco Compteur vient de lancer une expérimentation visant à analyser la fréquentation de la ville de Lannion, en Bretagne. Cette expérience permettra de suivre les smartphones des promeneurs afin de déterminer les lieux les plus fréquentés, et savoir ce qu’il faut améliorer. Eco Compteur va installer une vingtaine de capteurs à l’entrée de la ville pendant 3 mois. Une fois le smartphone repéré par ces capteurs, la municipalité de Lannion pourra suivre à la trace leurs propriétaires. Suite à cela, ces données aideront à prendre les bonnes décisions en termes de stratégie d’urbanisme, dans le cadre du projet Lannion 2030. Source : Siècle digital

Grâce à des outils analytiques et à la modélisation de données, des chercheurs, des entreprises, des administrations peuvent faire de l’analyse tendancielle ou prédictive, dresser des profils, anticiper des risques et suivre des phénomènes en temps réel…

4/ Données publiques, données privées

A/ Données publiques : open source

Les Open Data, ou données ouvertes, sont des données auxquelles l’accès est totalement public et libre de droit, au même titre que l’exploitation et la réutilisation.

Tout un chacun peut proposer des données sous licence ouverte pour un usage gratuit afin que le public en tire un bénéfice. La plupart du temps, les données ouvertes ou open data proviennent du gouvernement et du secteur public. Il s’agit généralement de budgets, de cartes, ou de résultats découlant de recherches scientifiques. Cependant, les entreprises, les universités, les ONG, les startups, les fondations caritatives, les communautés ou les individus peuvent également proposer des Open Data.

On retrouve des informations ouvertes dans les secteurs du 11, de la science, des produits, de l’éducation, de l’environnement, de la cartographie, des bibliothèques, de l’économie, de la culture, du développement, des affaires, du design ou de la finance

Dans le cas des données gouvernementales, elles ont déjà permis une meilleure transparence et un contrôle démocratique accru. En termes de transparence, des projets comme le « Tax Tree » finlandais ou le « Where does my money go » britannique permettent de voir comment l’argent des taxes est dépensé par le gouvernement. Le site danois folketsting.dk, permettent de suivre l’activité du parlement et les processus de création de lois. Ainsi, les citoyens peuvent voir exactement ce qui advient et quels parlementaires sont impliqués. (source: www.lebigdata.fr)

On peut également citer l’application française Yuka aux huit millions d’utilisateurs, qui à partir de données “open” ont développé une application de scoring des aliments en fonction de leurs qualités nutritionnelles.

B/Les données personnelles

Qu’est ce qu’une donnée personnelle?

Une donnée personnelle se définit comme « toute information se rapportant à une personne physique identifiée, directement ou indirectement, notamment par référence à un identifiant, tel qu’un nom, un numéro d’identification, des données de localisation, un identifiant en ligne, ou à un ou plusieurs éléments spécifiques propres à son identité physique, physiologique, génétique, psychique, économique, culturelle ou sociale » selon l’article 4 du Règlement européen sur la protection des données.

Les règles s’appliquent lorsqu’elles sont utilisées, conservées ou collectées numériquement ou sur papier.

Quelles données personnelles sont les plus collectées?

Les données les plus souvent collectées par les organismes sont les suivantes :

  • les informations démographiques : nom, prénom, âge, sexe, marié ou célibataire…
  • les informations comportementales : les habitudes d’achats, les sites visités, la durée de session…
  • les centres d’intérêts : (sports, hobby, politique, divertissements…)
  • les données relatives à la navigation : le type d’appareil utilisé, la localisation précise ou encore le numéro de portable ou le numéro IMEI (International Mobile Equipment Identity)

C/ Comment sont-elles collectées?

La mémoire cache

La mémoire cache enregistre temporairement des copies de données pour optimiser les temps de téléchargement des pages Web. Elles contiennent bien évidemment la nature des sites consultés. 

Les cookies

Un cookie est un petit fichier texte déposé sur le disque dur de l’internaute par le serveur du site visité ou par un serveur tiers (régie publicitaire, service de web analytique, etc.) Ils peuvent, par exemple, mémoriser des numéros saisies sur certaines pages, mémoriser le temps que vous passez sur leur site… C’est grâce aux cookies qu’il est possible d’accéder automatiquement à des pages personnalisées sans s’identifier, d’identifier des revisites, de pratiquer le retargeting. Cette pratique publicitaire consiste le plus souvent à cibler un individu qui a visité un site Internet, mais pour lequel il n’y a pas eu achat ou transformation lors de cette visite. L’individu ayant consulté une ou plusieurs fiches produit sans passer à l’achat est ensuite exposé, lors de sa navigation Internet, à des créations publicitaires mettant en avant le ou les produits initialement consultés.

Les données comportementales sont liées au numéro de cookie et stockées au niveau des serveurs ayant placé les cookies. Un cookie ne permet une identification nominative que si l’internaute s’est déjà enregistré sur le site.Le proxy ou le reflet de vos pages préférées

Les Proxy

Le serveur « proxy » sert à mémoriser les pages Web consultées par l’internaute : c’est une sorte de cache de pages Web. En cas de connections vers une page web, le serveur Proxy est consultée pour savoir s’il n’a pas déjà en mémoire cette page. Dans ce cas, il renvoie la page demandée, sinon, il la télécharge sur le web et la place dans son cache.

Cette fonction permet d’optimiser de la bande passante et d’accélérer le chargement des pages Web pour les utilisateurs. Mais, cela signifie aussi que ce serveur connaît toutes les pages Web qui ont été consultés. 

Le Règlement général sur la protection des données (RGPD)

Le RGPD est la première régulation des données personnelles. Adoptée en 2018, elle vise à encadrer les collectes et l’usage des données personnelles. Elles imposent aux organisations  une obligation générale de sécurité et de confidentialité pour empêcher que les fichiers soient déformés, endommagés ou que des tiers non autorisés y aient accès.

L’accès aux données est réservé uniquement aux personnes désignées ou à des tiers qui détiennent une autorisation spéciale et ponctuelle (service des impôts par exemple.). Le responsable des données doit fixer une durée raisonnable de conservation des informations personnelles.

Une obligation d’information et de recueil de l’accord des clients.

Les entreprises et organismes doivent donner aux citoyens davantage de contrôle sur leurs données privées, notamment via l’acceptation des cookies sur les sites internet et sur le contrôle de l’utilisation qui est faite des données que les internautes envoient dans les formulaires de contact. Par exemple, il n’est plus possible que la case « j’accepte de recevoir la newsletter » soit pré-cochée lors de l’envoi d’un formulaire de contact dans lequel l’e-mail est renseigné.

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