économie la soutenabilité de la croissance

Vers une croissance soutenable?


  1. Les sources de la croissance économique 
    1. L’accumulation des facteurs de production 
      1. le capital
        1. Le capital technique
        2. Le capital naturel
        3. Le capital financier
        4. Le capital humain
      2. Le travail 
    2. Le progrès technique 
    3. Le droit de propriété 
  2. Croissance économique et réduction de la pauvreté 
    1. Pauvreté relative et absolue 
    2. Les manifestations de la pauvreté 
    3. La distinction Croissance économique et développement économique 
      1. Apprécier le développement économique : l’IDH  
  3. La problématique de la soutenabilité de la croissance
    1. L’enjeu des ressources naturelles renouvelables et non renouvelables
    2. Consommations de ressources naturelles et empreinte écologique
  4. Le développement durable : définition et principes
    1. Définition
    2. Principes
      1. Le principe de solidarité 
      2. Le principe de précaution
      3. Le principe de responsabilité
      4. Le principe de participation
  5. Vers de nouveaux modèles économiques
    1. L’économie circulaire
      1. L’économie collaborative
    2. L’économie sociale et solidaire
  6. En vidéo
  7. Fiche de révisions
  8. Quizz

La croissance économique correspond à l’augmentation de la quantité de biens et services produits dans un pays sur une période donnée. 

Cette augmentation de la production va générer davantage de valeur ajoutée et in fine davantage de richesses dans le pays concerné, qui sera mesurée par l’évolution du Produit Intérieur Brut. La croissance économique est convoitée car elle est source d’une hausse des revenus et de l’emploi. 

Les sources de la croissance économique 

L’accumulation des facteurs de production 

Les facteurs de production correspondent aux ressources utilisées par l’entreprise pour produire des biens ou des services. On distingue, en économie, deux types de facteurs de production : le capital et le travail.

le capital

Le capital, en économie, regroupe l’ensemble des moyens de production durables permettant de produire des biens et des services. Le caractère durable s’apprécie par la non destruction de ces moyens de production lors d’un cycle de production d’un bien ou service.

Le capital est appréhendé comme un stock, il est évalué à un moment donné et son montant est ensuite réévalué (perte de valeur en cas d’usure ou d’obsolescence, ou accroissement de valeur par la réalisation de nouveaux investissements).. Le capital se distingue de l’investissement, qui est la décision d’acquérir un bien de production. Ce sont les flux d’investissements qui ont constitué le capital (le stock  de moyens de production donc), et l’investissement qui permettra d’accroître le capital (encore ce stock de moyens de production). 

Le capital technique

Le capital technique regroupe l’ensemble des moyens de production, matériels et immatériels. Il s’agit donc ici des machines (serveurs web, parc informatiques, robots), outillages, locaux etc, mais aussi de la terre (foncier) mobilisés. On parle alors de capital physique. Le capital technique intègre également une dimension immatérielle à travers le savoir-faire, l’organisation, l’esprit d’entreprise, le savoir. Ainsi Toyota a développé des méthodes d’organisation de sa production qui l’ont ainsi fait passer d’une organisation fordiste à une organisation plus souple et agile.

Le capital naturel

Le capital naturel regroupe l’ensemble des ressources naturelles utiles directement aux hommes ou qu’il peut exploiter techniquement et économiquement. Ces ressources ne sont pas produites par l’homme, en général, mais il peut les consommer ou les exploiter. (poissons, eau, minerais, combustibles etc). 

Le capital financier

Le capital financier correspond aux moyens financiers qui ont été ou sont nécessaires pour constituer l’entreprise.

Le capital humain

Le capital humain s’analyse à travers les compétences des travailleurs mais aussi leur état de santé.  La compétence intègre le savoir, c’est-à-dire ses connaissances générales et professionnelles.(qualifications), mais aussi le savoir-faire, issu de l’expérience et qui atteste d’aptitudes professionnelles et le savoir-être, soit les qualités comportementales et relationnelles (travailler en équipe, collaboration, initiatives etc…). Elle est issue d’investissements, qui peuvent être privés ou publics.

Le travail 

Le travail désigne en économie l’ensemble des activités économiques manuelles et intellectuelles organisées et coordonnées servant à produire des biens et des services et rémunérée.

Son champ d’application est donc plus large que le simple salariat, il peut y intégrer des free-lance, du portage salarial, les professions libérales mais il exclut le bénévolat et les tâches domestiques (tâches ménagères, éducation, etc) qui ne sont pas rémunérées. 

Le travail peut s’analyser d’un simple point de vue quantitatif. On parlera alors du nombre d’heures de travail effectuées, ou du taux d’emploi, à savoir le pourcentage de la population active (ensemble des personnes en âge de travailler) exerçant un emploi.  

Mais le travail peut aussi s’analyser d’un point de vue qualitatif à travers les compétences des travailleurs. les capacités d’un individu pour l’occuper. La compétence intègre le savoir, c’est-à-dire ses connaissances générales et professionnelles (qualifications), mais aussi le savoir-faire, issu de l’expérience et qui atteste d’aptitudes professionnelles et le savoir-être, soit les qualités comportementales et relationnelles (travailler en équipe, collaboration, initiatives etc…) 

Le progrès technique 

Le progrès technique regroupe toutes les améliorations qui, avec la même quantité de facteurs de production, permettent de produire davantage et plus efficacement. On distingue donc deux types de croissance : la croissance intensive et extensive. La croissance extensive peut se définir comme le fait de produire davantage avec davantage de ressources, alors que la croissance intensive est basée sur l’augmentation de la productivité du travail ou du capital, soit produire davantage avec la même quantité de ressources. 

Le progrès technique est déterminé par les innovations de produit et aux innovations de procédé. L’innovation de produits consiste en la création d’un produit nouveau ou encore à une amélioration importante d’un produit déjà existant, ce qui inclut les changements significatifs de design et les biens ou services numériques. L’innovation de procédés concerne la création de nouvelles techniques/méthodes de production et/ou de vente (la production et les méthodes de développement, la logistique et la distribution, le système d’information et de communication, les tâches administratives et la comptabilité, l’organisation des procédures, la gestion des relations avec les fournisseurs, l’organisation du travail, les processus de décision, les ressources humaines, le marketing, l’emballage, la tarification et le service après-vente.) Par exemple, l’impression 3D, la vente sur internet, le taylorisme ont été des innovations de procédés. 

Le droit de propriété 

Le droit de propriété est le droit garanti par l’Etat de pouvoir utiliser un bien, (l’usus), d’en retirer des fruits (le fructus, comme le loyer d’un immeuble, ou une licence d’exploitation logicielle), et d’en disposer (l’abusus) à savoir le droit de transformer, détruire, vendre, et donner ledit bien. 

Du point de vue économique, le droit de propriété se caractérise par l’exclusivité et la transférabilité. L’exclusivité signifie que les individus ou les entreprises peuvent utiliser librement ce qu’ils possèdent, la transférabilité sa cession libre. 

Le droit de propriété a pour but d’inciter l’agent à s’engager dans des activités économiques, car il a la certitude de pouvoir utiliser librement ses biens et d’en retirer des revenus (vente, location etc), et de sécuriser les investissements réalisés. 

Croissance économique et réduction de la pauvreté 

La pauvreté correspond à l’état d’un individu ou groupe démuni des ressources les plus élémentaires ou estimées essentielles par la société. 

Pauvreté relative et absolue 

La pauvreté peut s’apprécier de deux façons : 

La pauvreté absolue, niveau le plus élevé, qui implique que l’individu est dépourvu des ressources essentielles (nourriture suffisante, logement etc.) 

La pauvreté relative, qui concerne les individus dont les ressources sont insuffisantes pour consommer ce qui paraît normal pour une société à un moment donné.  

Les manifestations de la pauvreté 

La pauvreté se manifeste aussi par la famine, la malnutrition, l’accès limité à l’éducation et aux services de base, la discrimination sociale, l’exclusion, ainsi que le manque de participation dans les prises de décision. La plupart des personnes vivant en-dessous du seuil de pauvreté sont réparties entre deux régions : l’Asie du Sud et l’Afrique subsaharienne.

Bien que la proportion de travailleurs vivant dans l’extrême pauvreté dans le monde a diminué de moitié au cours de la dernière décennie passant de 14,3 % en 2010 à 7,1 % en 2019, l’extrême pauvreté devrait augmenter de façon significative en Asie du Sud et en Afrique subsaharienne avec respectivement 32 millions et 26 millions de personnes supplémentaires vivant sous le seuil de pauvreté en raison de l’épidémie de Covid 19. 

La distinction Croissance économique et développement économique 

La croissance économique n’est pas synonyme de développement économique. Le développement économique est l’ensemble des transformations structurelles (démographiques, économiques, sociales, politiques, etc.) qui rendent possibles et accompagnent la croissance économique et l’élévation du niveau de vie. La croissance économique est un indicateur quantitatif quand le développement économique est un indicateur qualitatif 

Concrètement, alors que la croissance économique correspond à une hausse de la richesse d’un pays, le développement s’apprécie par le niveau de vie par habitant, les taux de scolarisation, l’espérance de vie à la naissance, l’accès à l’eau, l’énergie, l’intensité des inégalités etc…  

Apprécier le développement économique : l’IDH  

L’indice de développement humain (IDH) correspond à un indice composé calculé chaque année par le PNUD afin d’évaluer le niveau de développement des pays en se fondant non pas sur des données strictement économiques, mais sur la qualité de vie de leurs ressortissants. 

L’IDH intègre trois facteurs : 

  • L’espérance de vie à la naissance, car elle est significative des conditions de vie à venir des individus (alimentation, logement, eau potable…) et de leur accès à la médecine ; 
  • Le niveau d’éducation, qui détermine l’autonomie tant professionnelle que sociale de l’individu ; 
  • Le revenu national brut par habitant, révélateur du niveau de vie des individus et ainsi de leur accès à la culture, aux biens et services, aux transports… 

L’IDH se présente sous la forme d’un nombre situé entre zéro et un, ce dernier chiffre symbolisant le niveau le plus élevé.  Le classement des pays change alors profondément, les pays les plus riches en terme de PIB n’étant pas nécessairement les plus avancés en terme de niveau de vie, d’éducation…

https://hdr.undp.org/en/data

La problématique de la soutenabilité de la croissance

Le développement économique est l’ensemble des transformations structurelles (démographiques, économiques, sociales, politiques, etc.) qui rendent possibles et accompagnent la croissance économique et l’élévation du niveau de vie.

La croissance économique est une condition du développement, par la création de richesses supplémentaires qui va pouvoir être affectée à l’amélioration des conditions de vie des individus.

Cependant, la croissance économique nécessite l’exploitation de capital, donc de ressources qui seront consommées et par conséquent détruites. Se pose alors la question du caractère renouvelable des ressources consommées, et plus particulièrement des ressources naturelles.

L’enjeu des ressources naturelles renouvelables et non renouvelables

Les ressources naturelles ne sont pas produites par l’homme, mais celui-ci peut les exploiter (alimentation, énergies, minerais destinés à la fabrication de biens économiques…)

Une ressource naturelle est qualifiée de non renouvelable ou épuisable lorsque sa vitesse de destruction dépasse, largement ou non, sa vitesse de création.

Par exemple, le pétrole résulte de l’accumulation de résidus organiques (restes fossilisés de végétaux aquatiques ou terrestres, de bactéries et d’animaux microscopiques ) pendant des dizaines de millions d’années.

  • A l’inverse, une ressource naturelle est qualifiée de renouvelable lorsque sa production est possible sur un temps court (production animale, végétale…) et au moins aussi vite qu’elle est consommée.

MAIS la consommation peut être supérieure à la production du renouvelable.

Consommations de ressources naturelles et empreinte écologique

L’empreinte écologique ou empreinte environnementale est un indicateur qui comptabilise la pression exercée par les humains envers les ressources naturelles et les « services écologiques » fournis par la nature. 

Elle mesure les surfaces alimentaires productives de terres et d’eau nécessaires pour produire les ressources qu’un individu, une population ou une activité consomme et pour absorber les déchets générés. 

A ce jour, la population mondiale consomme 69% de plus de ressources naturelles que la biomasse terrestre ne peut fournir.  La bascule, où la population actuelle vit à “crédit” est appelée le jour du basculement, jour qui ne cesse d’être de plus en plus précoce.

https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/jour-du-depassement-aout-ressources-terre-surconsommation-gaspillage

Cette moyenne cache d’importantes disparités, les USA consommant l’équivalent de 4,4 planètes quand l’empreinte écologique est de 0,5 pour les habitants du Yémen. 

Le partage des ressources est ainsi posé entre les générations actuelles et futures : quel avenir pour les prochaines générations si les ressources naturelles ne sont plus disponibles en quantité suffisante?

Le développement durable : définition et principes

Définition

Le développement durable est un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs. (ONU)

Le développement durable (DD) repose sur l’équilibre entre trois piliers : 

  • un pilier économique : la création de richesse, qui est évaluée par les règles de comptabilité
  • un pilier social : élimination de la pauvreté sous toutes ses formes (relative et absolue) et dans toutes ses dimensions (monétaire et non monétaire), 
  • un pilier environnemental : lutte contre le réchauffement climatique, favoriser la protection de la biodiversité, la gestion durable de l’utilisation des populations animales et végétales exploitées.

Principes

Le DD repose sur 4 grands principes définis lors du sommet de la Terre de Rio en 1992. Ces quatres principes ont été ensuite repris et complété par l’article 110-1 du code de l’environnement français

Le principe de solidarité 

Ce principe est global. La solidarité  quant au partage de l’ensemble des ressources naturelles de la planète  s’exerce

  • entre les pays et les peuples, 
  • entre les générations actuelles et futures
  • entre les acteurs de la société civile,

Le principe de précaution

Le principe de précaution vise à permettre aux décideurs de prendre des mesures de protection lorsque les preuves scientifiques relatives à un danger pour l’environnement ou la santé humaine sont incertaines et que les enjeux sont importants

Le principe de précaution relève de la gestion du risque  : si une politique ou une mesure présente un risque potentiel pour la population ou l’environnement et qu’il n’existe pas de consensus scientifique sur la question, cette politique ou cette mesure ne devrait pas être poursuivie en l’état des connaissances actuelles. En cas de nouvelles informations scientifiques, la mesure peut être révisée.

Le principe de responsabilité

Le principe de responsabilité, plus connu sous l’appellation du principe “pollueur-payeur”, pose la responsabilité du pollueur comme seul coupable des faits qui dégradent ou polluent l’environnement.

Le principe de participation

Le développement durable est de la responsabilité de tous. Ainsi, tous les agents économiques, ménages, sociétés financières et non financières, Etats sont engagés pour favoriser la  la réussite de toutes les actions nécessaires au développement durable. (Réglementation, éco gestes, éco conception, mobilités douces etc)

Vers de nouveaux modèles économiques

L’économie circulaire

L’économie circulaire est une approche systémique du système de production. Concrètement, le modèle classique, dit linéaire, est basé sur l’extraction de matières premières, la fabrication, la consommation et la mise aux déchets des biens. Par conséquent, produire plus de biens nécessite plus de matières premières et génère toujours plus de déchets.

L’économie circulaire se veut plus vertueuse. Elle ambitionne ainsi d’être davantage sobre en émission de carbone, en consommation d’énergies et en ressources naturelles peu ou lentement renouvelables.

Elle intègre ainsi plusieurs dimensions : 

  • Un approvisionnement plus durable :  
  • L’écoconception, à travers l’analyse du cycle de vie du produit
  • L’économie de la fonctionnalité (privilégier l’usage plutôt que la détention)
  • La consommation responsable 
  • L’allongement de la durée d’usage des produits (réparation, seconde main, reconditionnement, réemploi…)
  • L’amélioration de la prévention, de la gestion et du recyclage des déchets

L’économie collaborative

L’économie collaborative, également appelée «économie de partage» ou « économie de plate- forme », est un phénomène par lequel les consommateurs partagent sous une forme gratuite ou payante l’usage de biens ou services (C2C). L’appariement entre l’offre de biens ou de services et la demande est souvent réalisée par un intermédiaire, telle une plateforme web (Leboncoin, Vinted, blablacar…). 

L’économie collaborative s’inscrit dans une logique d’économie circulaire en favorisant le partage de biens, la mutualisation de ressources et le réemploi.

L’économie sociale et solidaire

L’économie sociale regroupe principalement trois familles : mutuelles, coopératives, associations auxquelles s’ajoutent les « marges » (comité d’entreprise et d’établissement, caisse d’épargne et de prévoyance, organisations culturelles, etc.).

L’économie solidaire est, quant à elle, une forme émergente de l’économie sociale axée vers les initiatives de développement local, de réinsertion et de lutte contre l’exclusion.

L’économie sociale et l’économie solidaire placent donc l’humain au cœur de leurs préoccupations, que leurs projets soient d’économie marchande ou non-marchande.

l’ESS représente 10 % du PIB et près de 14 % des emplois privés en France. 

Ce secteur compte environ 200 000 entreprises et structures et 2,38 millions de salariés.

A titre d’exemples, on retrouve ainsi 

  • les coopératives telles que les Caisses d’épargne, Chèque-déjeuner, le réseau Biocoop,
  • les mutuelles comme la Maif, Maaf ou Macif
  • les entreprises adaptées et ESAT , qui ont pour mission d’intégrer durablement les travailleurs handicapés dans l’emploi.
  • Les structures d’insertion par l’activité économique (SIAE)
  • Les fondations, les associations

En vidéo

Fiche de révisions

Quizz