L’individu est un être social : c’est par l’apprentissage de la vie en société, c’est-à-dire par la socialisation, qu’il apprend à s’adapter à son environnement social. Cet environnement est composé de groupes sociaux auxquels l’individu appartient : école, entreprise, association, famille, pays…

La socialisation est la source de la cohésion sociale. Elle permet à l’individu d’acquérir des normes, des valeurs, des croyances, des rituels, des codes, une culture. Elle lui donne une identité, un statut. La socialisation s’effectue au sein d’un groupe.

1/ L’individu, un animal social

A/Le besoin d’appartenance à un groupe

L’individu est un être social, c’est à dire qu’il éprouve un besoin d’établir des relations sociales ses pairs et d’être intégré à un groupe, et donc d’être reconnu et être aimé. Le premier groupe auquel l’individu appartient  est d”abord la famille. Dès enfant, l’individu a besoin, pour s’épanouir,d’une relation d’attachement, qu’il va développer au sein de sa famille, mais aussi en développant un réseau d’amitié.qui lui permettront de s’épanouir par la sensation d’appartenir à un groupe, qu’il y est aimé et accepté et qu’il se considère comme membre du groupe.

C’est le psychologue Abraham Maslow qui a développé cette théorie des besoins comme source de motivations, en hiérarchisant les besoins de l’individu. Selon cette approche de Maslow, un besoin secondaire ne pourra être satisfait que si les besoins primaires, physiologiques et de sécurité, sont assouvis. Cette hiérarchie est souvent présentée de manière pyramidale.

1/Les besoins physiologiques

Ils sont liés à la survie de l’individu (par exemple : la faim, la soif…). Ce sont des besoins concrets.

​2/ Le besoin de sécurité

Ils sont liés au besoin de protection de l’individu. Ces besoins sont plus complexes à appréhender, car ils mêlent une part objective (la sécurité physique) et une part subjective liée aux craintes de l’individu, alimentées par son propre vécu. On peut y retrouver ici sécurité des revenus et des ressources, mais aussi la sécurité physique contre la violence, délinquance, agressions, une sécurité morale et psychologique ,  une sécurité et stabilité familiale ou affective…

​3/ Le besoin d’appartenance

Ils sont liés aux besoins que ressentent les individus à se « grouper » avec d’autres individus ou à se sentir acceptés par un groupe. Ils sont donc liés au caractère social de l’individu. On parle ici de  besoins sociaux, qui sont les besoins d’intégration à un groupe. (faire partie intégrante d’un groupe cohésif, se sentir accepté, aimé, apprécié, mais aussi ne pas se sentir seul ou rejeté

Chaque personne peut appartenir à plusieurs groupes identifiés, un club de sport, à une association, une organisation… Pour l’adulte, le sentiment d’appartenance est avant tout ce qui définit l’image qu’il projette dans la société

4/​Le besoin d’accomplissement

Également de nature sociale, ils représentent le désir de l’individu d’être reconnu par les autres, d’avoir un statut au sein de son groupe d’appartenance (prestige, renommée…). Ce type de besoin se base sur le regard que les autres portent sur l’individu : la satisfaction consistant à ne pas avoir honte de soi-même, à être estimé par les autres afin de s’estimer soi-même.

5/​Le besoin d’estime

Ce sont des besoins dont la satisfaction est la plus sophistiquée à satisfaire. Elle peut l’être par le travail, l’argent (symbole de réussite sociale…), de développer de nouvelles compétences, de créer, d’inventer…

On constate donc que le besoin d’appartenance de l’individu au groupe est fondamental dans son épanouissement personnel, et donc dans son engagement au sein du groupe..

B/ Les différents groupes

Groupe d’appartenance et groupe de référence.

Un groupe d’appartenance est le groupe auquel l’individu appartient. Le fait de collaborer à des objectifs communs contribue à renforcer le sentiment d’appartenance, c’est-à-dire d’identification au groupe. Ceci est généralement un facteur de cohésion, qui se manifeste par une entente mutuelle soudant les membres du groupe entre eux.

Le groupe de référence est le groupe par lequel l’individu peut s’identifier car il en subit les influences sans pour autant en faire partie. Ce groupe dit « de référence » lui donne ses repères (valeurs, attitude, opinions, comportement).

Groupe formel et groupe informel

Le groupe formel

Dans une organisation, les tâches à réaliser, nécessaires à l’accomplissement des objectifs du groupe, sont organisées par fonction: les nombreuses tâches réalisées par l’entreprise peuvent faire l’objet d’un regroupement selon leur objectif. (fonction Comptabilité et Finances, Ressources humaines, Production, Direction et Administration générale…).  Le groupe formel est ainsi composé de membres désignés par l’organisation pour remplir une fonction précise.

L’organigramme représente la composition des différents groupes formels de l’organisation. Ce schéma représente la structure de l’organisation par la visualisation  des tâches, des différents postes mais aussi du niveau hiérarchique et les responsabilités correspondantes. Il montre ainsi les relations hiérarchiques (relations d’autorité) qui permettent la transmission des ordres, mais aussi relations fonctionnelles (liées aux activités exercées) qui permettent la transmission des informations, le travail en groupe…

Le groupe informel

Le groupe informel est un groupe sans reconnaissance « officielle » qui se crée par la volonté d’individus ayant des affinités, des intérêts communs personnels ou d’ordre professionnel.

2/ L’influence du groupe sur l’individu

A/ Un comportement déterminé par l’adoption d’une culture, de normes et de valeurs

a) La culture de l’organisation

La culture est un ensemble de savoirs, de pratiques et de normes, de croyances et de valeurs qui se transmettent à l’intérieur d’un groupe social.

La culture est un ensemble de valeurs, de normes, de rituels qui conditionnent les comportements des membres d’un groupe. Les comportements des individus ne sont donc pas spontanés, ils sont « standardisés », conditionnés par la culture. Les valeurs, qui constituent cette culture, sont des idéaux, des principes moraux qui donnent de grandes orientations à l’action du groupe. Exemples : l’égalité entre tous les citoyens est une valeur de la culture française, la qualité totale est une valeur de l’entreprise Toyota.

La culture influence la manière de penser et d’agir des individus d’un groupe. Elle précise aux individus la ligne de conduite à suivre. La connaissance d’une culture permet à l’individu de s’adapter à son milieu et à ses besoins.

Au niveau de l’organisation, les déterminants de la culture d’entreprise sont à la fois les cultures des régions et pays où l’entreprise est implantée, ainsi que les composantes culturelles propres au métier de l’entreprise. Mais aussi son histoire (succès et échecs déterminants), ainsi que le système de valeurs mis en place par le fondateur et les différents dirigeants successifs, les stratégies suivies par l’entreprise au fur et à mesure de son développement.

La culture, c’est ce qui fait que chaque organisation est unique. Deux entreprises peuvent suivre la même stratégie, avoir les mêmes structures, recourir aux mêmes techniques de gestion, elles ont néanmoins leur propre culture. La culture est ainsi un héritage social. Grâce à cette culture, l’individu au sein d’une organisation est capable de s’approprier et de partager les savoirs et les savoir-être nécessaires à son adaptation et à la cohésion du groupe.

b) les valeurs

Les valeurs sont des idéaux qui permettent de distinguer le bien et le mal – ces notions résultant d’un jugement personnel propre à la société d’une époque. Les valeurs se traduisent par des normes. Les normes sont les règles qui orientent le comportement des individus conformément aux valeurs de la société. Elles constituent un cadre de référence et donnent des repères aux individus. Elles contiennent des rituels et des codes.

c) Les rituels et les codes comme  normes de communication.

Les rituels

Les rituels sont des pratiques sociales qui permettent de faciliter les interactions.

On peut les classer par catégories : rituels de salutation, rituels de présentation, rituels de remerciement, rituels de séparation. Les normes sont donc des règles à respecter par l’individu pour maintenir son intégration dans le groupe (normes de politesse, loi, respect du règlement intérieur dans une entreprise, etc.).

Les codes sociaux

Les codes sociaux sont des signes verbaux et non verbaux dont la signification est partagée par les individus d’un groupe.

Les codes sont des signes dont la signification est partagée par un groupe. Ce code peut s’exprimer à travers une tenue vestimentaire (chaussures noires pour le milieu de la finance, marron pour le conseil, le port de la cravate, d’un tailleur etc…) Toutes ces valeurs, normes, rituels et codes forment la culture de l’organisation.

B/ La contribution à l’identité de l’individu

L’identité sociale

L’identité sociale est la reconnaissance par les autres de la place occupée au sein du groupe ou de l’organisation. L’identité est ce qui permet de définir l’individu, son histoire, son nom, son âge, son statut social, ses capacités, sa culture, sa vision du monde… L’identité sociale est à la croisée de l’identité individuelle et de l’identité du groupe, une sorte de miroir de l’identité de l’individu à travers les caractéristiques du groupe qui l’a reconnu.

L’identité sociale

Le statut correspond à la position sociale qu’occupe un individu par rapport aux autres membres du groupe, en fonction de critères sociaux comme l’âge, le sexe, la profession. Des droits et des devoirs naissent de cette position, qui va également influencer la communication interpersonnelle.

C/ La nature formelle/informelle du groupe influence les relations.

Dans le cadre d’un groupe formel, les communications sont basées sur des rapports professionnels. Elles sont organisées et contrôlées par la hiérarchie, et suivent souvent les liens établis par la structure hiérarchique. Les relations d’autorité peuvent y être fortes.

Les relations d’autorité au sein du groupe formel

L’autorité est la capacité d’un individu à imposer sa volonté dans le cadre d’une relation sociale, malgré d’éventuelles résistances.

Les relations d’autorité permettent aux individus d’imposer leurs décisions dans leur groupe, car ils disposent, grâce aux relations de confiance qu’ils ont su construire, d’une certaine légitimité. L’autorité est acceptée, elle n’est pas subie. Divers facteurs font que l’individu dispose d’une autorité : son statut ou sa position sociale dans le groupe, sa personnalité charismatique, ses compétences…

Le pouvoir, introduit dans l’organisation par le biais de la hiérarchie, peut être appréhendé sous son aspect :

  • formel : les relations sont clairement établies selon les règles dictées par l’organisation ;
  • les relations fonctionnelles au sein du groupe formel

Afin de favoriser les relations fonctionnelles (qui permettent la transmission des informations, le travail en groupe…), les entreprises peuvent mettre en place un réseau social d’entreprise. LE RSE (réseau social d’entreprise) est conçu pour gérer de grands volumes de conversations collaboratives au sein d’équipes et de groupes de projets (communauté).

Il s’appuie sur les concepts des réseaux sociaux tels que Facebook ou LinkedIn, mais en intégrant des fonctionnalités destinées aux entreprises. Un RSE n’est plus centré sur le partage de documents ou d’informations, mais sur la conversation et les relations sociales entre les participants. L’objectif étant de rechercher des compétences et des expériences permettant à une organisation d’être plus efficace, mais de développer davantage de relations informelles.

Les relations développées dans un cadre informelle sont des communications spontanées basées sur des liens personnels, souvent amicaux, qui se créent en fonction des affinités. Elles échappent au contrôle de la direction de l’organisation.

Les bénéfices de l’outil restent cependant soumis à l’utilisation faite par leurs utilisateurs. Bien que d’inspiration horizontale et inter-service, les RSE peinent cependant à casser les codes des relations formelles. Les entreprises sont encore en but par des organisations en silo (cloisonnées par métier ou fonction), et les relations hiérarchiques sont encore très présentes dans les échanges.

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